Comment venir à bout de la tristesse ?

La tristesse, cet état d’âme qui envahit le cœur, fait perdre son énergie au corps et submerge le visage de larmes, fait glisser les croyants vers une maladie plus grave, appelée la dépression. La confusion entre les pleurs dus à l’affliction et ceux dus à un état de dévotion peut être déroutante pour certains. S’interroger sur les conséquences d’un tel état et ce qu’en dit l’islam est donc plus que nécessaire. Rechercher à travers notre lecture du Saint Coran l’apaisement est un chemin que l’on invite tout un chacun à prendre et à comprendre. Voici une humble réflexion.

Tristesse et moral à zéro ?…le Coran est là !

Il n’y a aucune conséquence positive au fait de se laisser aller à la tristesse. Voilà pourquoi les plus grands  savants de l’histoire musulmane ont décrit cette dernière comme quelque chose de mauvais dont le croyant doit s’écarter.

Pour appuyer cet interdit, le savant Ibn El Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit que le mot tristesse n’est employé dans le Saint Coran  qu’avec la forme de négation comme dans ces exemples :

Sourate 41 Verset 30

« (…) N’ayez pas peur et ne soyez pas affligés(…) »

Sourate Tawbah Verset 40

«  (…) Quand ils étaient dans la grotte et qu’il disait à son compagnon: « Ne t’afflige pas, car Allah est avec nous. » (…)»

Le prophète nous a même transmis une invocation à faire pour se prémunir contre la tristesse, les soucis et leurs effets néfastes :

« Ô Seigneur! Je me mets sous Ta protection contre les soucis et la tristesse, contre l’incapacité et la paresse, contre l’avarice et la lâcheté, contre le poids de la dette et la domination des hommes. »

Les soucis et la paresse sont cités en premier dans cette  invocation. Et il faut s’interroger sur les raisons de prévenir cette maladie du cœur. La tristesse lorsqu’elle envahit le cœur de l’Homme l’accapare et ne lui laisse plus d’autre choix que de se lamenter au lieu d’agir. Et c’est la chose la plus aimée du diable. Voilà les raisons de cet interdit, les raisons pour lesquelles le croyant doit tout faire pour éviter de tomber (et rester) dans un état de tristesse : car cela paralyse l’être humain tout comme la peur. 

Tout faire pour se protéger contre les soucis et la tristesse c’est, au contraire, préférer la positivité et l’action. Dans cet état d’esprit, le croyant recherche ce que Le Seigneur veut de lui et n’attend pas passif une solution miracle. Il remplit son cœur de Tawakkul ‘ala Allah, la pleine confiance en Lui, et grâce à cela rien ne peut l’affliger trop longtemps. Certes le cœur est fragile mais la confiance en Alah en est son remède, avec la permission d’Allah, Tout-Puissant.

C’est ce que l’on recherche tous, ou que l’on se doit de rechercher tout au long de notre existence.

Des larmes saines à reconnaître grâce à la lecture du Coran

Pourtant il y a des larmes qui sont aimées de Dieu et qui sont même méritoires ! Des larmes aussi que l’on ne peut retenir et dont l’absence indiquerait un manque dans notre foi. Lorsque nous apprenons la mort d’un proche, nous sommes saisi d’un sentiment bouleversant et versons des larmes. Ainsi lorsque le prophète perdit son jeune fils Ibrahim, paix et salut sur eux, il pleura et les Compagnons s’en étonnèrent. Oui le fait de pleurer doit être compris ici comme une miséricorde :

«Le Messager de Dieu entra auprès de son fils Ibrahim alors qu’il agonisait. Les larmes se mirent à couler de ses yeux et Abdurrahman Ibn Awf lui dit : «Toi aussi (tu pleures), ô Messager de Dieu ?» Il lui dit : «O Ibn ‘Awf, cela est une miséricorde». Puis il ajouta : «L’œil pleure, le cœur ressent du chagrin, mais nous ne disons que ce qui satisfait notre Seigneur. O Ibrahim ! Ta séparation nous remplit certainement de chagrin».
Rapporté par Al Boukhari

De même, lorsqu’une bonne nouvelle nous est venue, les larmes coulent et elles ne sont pas à retenir ou à interdire. Nous pleurons souvent de joie, de rire, d’émotions ou de soulagement. Et il n’y a rien de mal à cela, au contraire.

Et il est une autre sorte de larmes que tout croyant a au moins une fois dans sa vie expérimenté ou qu’il espère vivre.  Lorsque nous évoquons notre Seigneur, et que notre être tout entier recherche la proximité avec Celui qui l’a créé, les larmes de dévotion ruissellent. Ces larmes sont source de pardon de la part du Grand Pardonneur comme écrit dans ce hadith :

Selon Abou Hourayra, le prophète, paix et salut sur lui, a dit :

«N’entrera pas en Enfer un homme qui a pleuré par crainte de Dieu tout aussi bien que le lait ne rentre jamais dans la mamelle. Jamais la poussière soulevée au service de Dieu ne se mêlera à la fumée de l’Enfer».
Rapporté par Attirmidhi

Ces larmes de dévotion font augmenter le croyant en humilité comme l’a dit Allah dans ce Verset :

« Et ils tombent sur leur menton, pleurant, et cela augmente leur humilité. V109 sourate 17

Il ne faut donc pas confondre entre un état émotionnel sain, à ne pas réprimer, qui pousse le croyant à verser des larmes comme par exemple la crainte révérencielle du Tout-Puissant, et, les larmes de  tristesse en elle-même qui ne portent en elles aucun fruit sain à rechercher.

L’un est un état sain (saint ?) et passager alors que le second est un gouffre dans lequel il ne faut surtout pas s’installer !

Comment ne pas sombrer ?

Pour éviter de se laisser aller à la tristesse, le mieux est de connaître ce qui l’éloigne de nous. Parmi les éléments qui nous permettent de rester confiant en Allah, Gloire et Pureté à Lui, et de devenir heureux sur le long terme voici ce qui suit :

  1. Fortifier son cœur avec le Tawhid, l’Unicité d’Allah (avoir une croyance solide). Croire en Allah et en Ses Noms et Attributs mais surtout témoigner de SonUnicité dans chacun des pans de nos vies, renforce notre lien à Sa Grandeur, notre certitude en Sa Sagesse et nous aide à éviter de nous plaindre trop longtemps quand quelque chose nous atteint. Nous savons que tout vient de Lui, et qu’Il est Celui qui ouvre toutes les portes. Et il n’y a pas une meilleure manière de se rapprocher de Lui qu’en lisant Sa Parole, le saint Coran.
  2. Apprendre sa religion, car le savoir ferme au diable les portes par lesquelles il nous tentait. Le savoir est aussi la meilleure manière de justement entretenir notre Foi au Créateur. Comment croire en quelque chose que l’on ignore, comment aimer et écouter quelqu’un que l’on ne connaît pas ? Et à Allah les meilleurs exemples.
  3. Etre reconnaissant envers son Créateur. La gratitude envers Allah est la clé de la patience en toute épreuve. Si tout s’assombrit soudain lors d’une calamité, le croyant se rappelle qu’Allah n’éprouve que celui ou celle qu’Il aime. Et à hauteur de notre foi, Il nous éprouvera. Comment ne pas être reconnaissant de Son Amour ? Répéter les formulations connues de gratitude comme ElhamdouliLah est un excellent rappel pour le cœur, siège des meilleurs comme des pires penchants. Le meilleur penchant est celui du bon comportement, surtout envers son Créateur. Il y a tellement de belles choses qui nous arrivent tous les jours, tellement de trésors que l’on possède encore quand une seule chose s’en va .
  4. Avoir un comportement positif en tout instant et sourire : un acte considéré par le prophète comme une aumône. La gratitude citée plus haut est un état d’esprit, un état du coeur qui portera aussi ses fruits en termes de bon comportement envers ceux qui nous entourent. Si la tristesse affaiblit le cœur et le corps, nous isole de tous et rend toute action insurmontable, la reconnaissance, au contraire, rend joyeux, souriant(e), et enclin à faire le bien autour de soi. C’est Sunna allez-y, souriez !
  5. Pardonner nous trace une voie vers le bonheur. Ce cercle vertueux auquel l’islam appelle les croyants améliore la situation des croyants en eux, et avec leurs pairs. Pardonner à celui qui nous a opprimé(e) semble dans certaines situations impossibles et pourtant si on laisse le temps au pardon d’illuminer notre cœur, les premiers effets qui se feront ressentir profiteront au pardonneur et non au pardonné. En effet, les rancunes et les souvenirs négatifs obscurcissent le cœur et enfonce le détenteur du tourmenté dans une tristesse soutenue voire la dépression, alors que le pardon apporte douceur des relations, légèreté de l’âme et réconcilie le cœur avec l’amour d Grand Pardonneur. N’aimons-nous pas qu’Il nous pardonne ? Pourquoi ne pas se pardonner entre nous ?

Toutes ces astuces sont issues de la Parole d’Allah, le Noble Coran, et nous exhorte, aussi bien nous que notre entourage, à éviter de sombrer dans la tristesse car il est évident qu’elle a non seulement des répercussions sur notre santé mais aussi sur nos relations avec nos proches. 

Qu’Allah nous préserve d’un tel état émotionnel et nous rapproche de Lui grâce à la lecture du Coran pour en faire le printemps de nos cœurs. Amin

Partagez cet article pour que les attristés se réjouissent de la bonne nouvelle !

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